Le 25 novembre de chaque année, le monde célèbre « La Journée mondiale contre les violences faites aux Femmes ».
On se souvient qu’il y a 28 ans, soit exactement le 20 décembre 1993, la déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des Femmes était adoptée par l’assemblée générale de l’ONU. Il s’agissait de prendre pleinement conscience du mal sourd, mais puissant et violent, qualifié de « honteux » par Koffi Annan en son temps, dont étaient et sont toujours victimes des Femmes.
Longtemps attendu, cet engagement rappelait que « si tout le monde prenait conscience, et que cette violence hétérogène était condamnée, les droits de l’Homme finiraient bien par l’emporter ».
Mais, un engagement, même solennel, ne tient pas lieu d’action, même s’il fournit un terreau normatif à la réflexion et constitue un but pour l’action.
On le voit bien, vingt-huit ans plus tard, la violence à l’égard des Femmes n’a pas disparu. Elle est bien présente dans la quasi-totalité des Etats qui ont adopté cette déclaration, et le pire c’est que la situation est parfois préoccupante.
Dans notre pays, les résultats partagés par le Haut-Commissariat au Plan, en 2019, ont révélé que le contexte domestique, qui englobe le contexte conjugal et familial, ycompris la belle-famille, demeure le plus marqué par la violence fondée sur le genre. Le taux de prévalence des violences dans le contexte conjugal et familial frôlait, il y a deux ans, les 52%, touchant à peu près 6,1 millions de femmes. Cette tendance a été exacerbée par l’isolement social et le confinement qui ont aggravé les conditions de vie des personnes vivant déjà dans des situations de violence domestique.
Le rapport analytique d’un collectif d’organisation de la société civile sur les violences faites aux femmes pendant le confinement a révélé que les violences domestiques, les violences économiques, les violences au travail, les violences dans les espaces publics, ont été aggravées, ou ont même, pour certaines, été engendrées, par la situation de confinement. Le constat de la prolifération des actes de violences à l’egard des femmes reste donc alarmant et requiert de fluidifier davantage le passage entre l’engagement et l’action.Et ce ne sont pas les initiatives qui manquent. Lors du premier confinement, le ministère public a pris le problème à bras le corps avec des actes forts, graduels, passant de la sensibilisation à la répression. Les procureurs du Roi avaient, à ce titre, étéappeléà traiter les affaires de violences faites aux femmes « avec fermeté et rigueur » ; en outre, les méthodes numériques de dépôt de plaintes pénales via des adresses électroniques spéciales, une plateforme en ligne et des numéros de téléphone et de fax ont été expérimentées, voire approfondies. Fait assez rare sous d’autres cieux, pour ne pas être souligné, des annuaires avec les numéros de téléphone et les adresses de tous les tribunaux et procureurs ont été établis et mis à la disposition des citoyens.
L’ensemble de ces actions combiné à l’engagement des acteurs de la société civile ont été des signaux forts de la volonté de voir le taux de prévalence de la violence à l’égard des femmes chuter drastiquement. Il a également été l’indicateur rappelant que l’action contre cette violence particulière est l’affaire de tous, et que sa répression sans complaisance est nécessaire. Puisque la violence à l’égard des Femmes semble se perpétuer à chaque génération, il s’agit également,dans cette course de fond,d’accentuer la sensibilisation et l’éducation aux respects des droits des Femmes auprès de la jeune génération qui reste, par définition, le lieu et l’enjeu des changements souhaités dans nos sociétés.
Sali B.O

























